Lexique
Voici un lexique des termes que j’utilise souvent et que je peux oublier de re-définir à chaque fois.
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Autisme, neuroatypie & santé mentale
DSM-V
TOP
TND
Hyperlexie
Handicap
Paradigme déficitaire
Infodump
Alexithymie
Difficulté à identifier, différencier et exprimer ses propres émotions, ou parfois celles d’autrui. Ce trait de personnalité est fréquemment observé chez les personnes autistes. Une personne alexithymique peut ressentir une émotion sans pouvoir la nommer, ni parfois même la reconnaître comme telle.
Alliste
Terme désignant une personne non autiste. Utilisé par opposition à « autiste », de la même façon que « neurotypique » s’oppose à « neuroatypique ». À noter que toustes les allistes ne sont pas neurotypiques.
Auto-diagnostic / Auto-identification
Processus par lequel une personne s’identifie elle-même comme autiste (ou neuroatypique) sur la base de ses recherches et de son vécu, avant ou sans passer par un diagnostic médical officiel. L’auto-diagnostic est largement reconnu et respecté dans les communautés autistes.
Bilan neuropsychologique
Évaluation réalisée par unε neuropsychologue, consistant en une série de tests cognitifs et comportementaux permettant d’établir le profil de fonctionnement d’une personne. C’est l’une des voies d’accès au diagnostic d’autisme ou de TDAH chez l’adulte. Il comprend encore trop souvent un test de QI, qui n’a pas de pertinence dans le cas de l’identification de l’autisme ou du TDAH.
Camouflage / Masquage / Masking
Stratégie consciente ou inconsciente adoptée par de nombreuses personnes autistes, consistant à dissimuler leurs particularités et à imiter les comportements neurotypiques pour s’intégrer socialement. Le masquage est une adaptation coûteuse en énergie, qui peut conduire à l’épuisement, à une perte du sens de soi et à une augmentation du risque de burn-out autistique.
Charge cognitive / Charge mentale
La charge cognitive désigne l’effort mental nécessaire pour traiter des informations et exécuter des tâches. La charge mentale, elle, désigne plus spécifiquement le poids invisible de la gestion et de la planification du quotidien — souvent inégalement réparti dans les foyers. Ces deux concepts se superposent fréquemment.
Co-occurrence
Présence simultanée de plusieurs conditions ou troubles chez une même personne. Chez les personnes autistes, des co-occurrences fréquentes incluent le TDAH, le trouble anxieux généralisé (TAG), la dépression ou encore des troubles du sommeil. Le terme « co-occurrence » est préféré au terme « comorbidité », qui pathologise l’autisme.
Dissociation
État dans lequel la personne se sent déconnectée d’elle-même, de son corps ou de la réalité. La dissociation peut aller d’un léger sentiment de vague ou d’irréalité à des états plus intenses. Elle est fréquente en réponse à un trauma ou à une surcharge.
Double empathie (problème de —)
Concept théorisé par le chercheur autiste Damian Milton, selon lequel les malentendus entre personnes autistes et allistes ne sont pas dus à un déficit des autistes, mais à une incompréhension mutuelle et réciproque entre deux styles de communication différents. En d’autres termes, les allistes ont autant de mal à comprendre les autistes que les autistes ont du mal à comprendre les allistes.
Dysrégulation (émotionnelle ou sensorielle)
État dans lequel une personne ne parvient plus à réguler ses émotions ou ses perceptions sensorielles de façon fluide. La dysrégulation peut se manifester par une intensité émotionnelle débordante, de l’irritabilité, des larmes incontrôlables ou un blocage complet.
EMDR
Sigle de « Eye Movement Desensitization and Reprocessing » (désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires). Thérapie fondée sur des stimulations bilatérales alternées (mouvements oculaires, tapotements…), utilisée pour traiter les traumas et le stress post-traumatique.
Glimmer(s)
Sensation ou une situation plaisante qui génère un sentiment de connexion, de régulation sensorielle ou de bien-être. Le glimmer est en quelque sorte le miroir lumineux du trigger : là où le trigger déclenche une réaction de menace ou de détresse, le glimmer provoque un moment doux, satisfaisant, voire jouissif.
Hyperfocus / Hyperfocalisation
État de concentration extrême et totale, caractéristique de l’autisme et du TDAH, durant lequel le reste du monde disparaît et seule l’activité en cours existe. Quand on est en hyperfocus, les distractions extérieures (notifications, bruits, faim…) cessent littéralement d’être perçues. Le terme « hyperfocalisation » ou « hyperconcentration » est utilisé de façon interchangeable avec « hyperfocus ». À ne pas confondre avec l’hyperfixation.
Hyperfixation
Intérêt intense, profond et souvent temporaire pour un sujet, une œuvre ou une activité précise. Contrairement à l’hyperfocus (qui désigne un état de concentration dans le moment présent), l’hyperfixation désigne une passion durable qui prend beaucoup de place dans les pensées et le quotidien. Elle est une expression du monotropisme autistique.
Hypervigilance
État d’alerte permanent dans lequel le système nerveux est constamment en attente d’un danger, même en l’absence de menace réelle. L’hypervigilance est fréquente chez les personnes autistes et/ou ayant vécu des traumas. Elle se manifeste par une hypersensibilité aux stimuli, une fatigue importante et des difficultés à se détendre.
Intérêt intense
Remplacement de l’expression « intérêt spécifique », qui désigne un intérêt atypique dans son intensité, son traitement ou sa durée (alors que « spécifique » laisse entendre que seul le sujet peut être atypique, alors que beaucoup d’intérêts intenses portent sur des sujets communs). C’est un peu le « grand frère » de l’hyperfixation, car il s’étend davantage dans le temps… mais on peut également les utiliser de façon interchangeable.
Intéroception
Sens qui permet de percevoir les signaux internes du corps : faim, soif, douleur, chaleur, fatigue, rythme cardiaque, etc. Une intéroception défaillante ou atypique — fréquente chez les personnes autistes — signifie que la personne ne perçoit pas ou peu ces signaux, ce qui peut la conduire à ne pas remarquer qu’elle a soif, faim ou besoin de repos.
Meltdown
Réaction involontaire à une surcharge de stimulation (sensorielle, sociale ou exécutive), qui se manifeste par une explosion — crise de larmes, cris, agitation physique, automutilation par mouvements répétitifs incontrôlés. Contrairement à une crise de colère classique, le meltdown n’est pas volontaire ni manipulateur : c’est une perte de contrôle que la personne ne choisit pas.
Monotropisme
Tendance autistique à concentrer toute son attention et son énergie cognitive sur un seul sujet ou une seule tâche à la fois, de façon très intense et approfondie. Le monotropisme explique notamment les intérêts intenses, les difficultés de transition entre les tâches et la profondeur avec laquelle les personnes autistes s’investissent dans ce qui les passionne.
Neurodiversité / Neurodivergentε
La « neurodiversité » est le concept selon lequel les variations du fonctionnement neurologique humain sont naturelles et font partie de la diversité de l’espèce. Une personne « neurodivergente » présente un fonctionnement neurologique qui s’écarte de la norme statistique — cela inclut l’autisme, le TDAH, la dyslexie, la dyspraxie, etc. Par opposition, une personne « neurotypique » présente un fonctionnement considéré comme standard.
Neuroatypique / Neurotypique
Une personne « neuroatypique » (ou « neuroA ») présente des particularités de fonctionnement neurologique qui la distinguent de la norme. Le terme « neurotypique » désigne quant à lui une personne dont le fonctionnement cognitif et sensoriel correspond aux standards statistiques de la société.
Paralysie décisionnelle
Difficulté ou incapacité à prendre une décision, même simple, souvent liée au perfectionnisme ou à la peur de faire le mauvais choix. La paralysie décisionnelle est fréquente chez les personnes autistes et TDAH et peut mener à une forme de blocage total pouvant se confondre avec de la procrastination.
Paralysie exécutive
Difficulté ou incapacité à initier une tâche, même quand on sait qu’on doit la faire et qu’on en est théoriquement capable. La paralysie exécutive n’est pas de la paresse : c’est un dysfonctionnement des fonctions exécutives du cerveau, fréquent dans le cadre de l’autisme et du TDAH. Elle peut concerner des tâches aussi simples que manger, envoyer un message ou faire la vaisselle.
Perfectionnisme
Tendance à se fixer des standards excessivement élevés et à se juger sévèrement en cas d’écart. Le perfectionnisme peut être paralysant (on ne commence pas par peur de mal faire) ou épuisant (on ne s’arrête jamais car c’est jamais assez bien). Il est fréquemment associé au TDAH, à l’autisme et à l’anxiété.
Procrastination
Tendance à reporter une tâche à plus tard, souvent malgré l’intention de la faire. La procrastination n’est pas de la paresse : elle est souvent liée à l’anxiété, au perfectionnisme, à la paralysie exécutive ou à une difficulté à réguler les émotions associées à la tâche.
Profil sensoriel
Ensemble des particularités sensorielles propres à une personne : hyperréactivités (sons, lumières, textures, odeurs…) et hyporréactivités (besoin de stimulations fortes pour percevoir certaines choses) sensorielles. Le profil sensoriel est propre à chaque personne et joue un rôle majeur dans la façon dont une personne autiste vit son environnement.
Rumination
Processus mental consistant à tourner en boucle sur les mêmes pensées, problèmes ou situations passées, souvent de façon involontaire. La rumination est un facteur aggravant de l’anxiété et de la dépression.
Shutdown
Réaction involontaire à une surcharge de stimulation (sensorielle, sociale ou exécutive), qui se manifeste par un arrêt des fonctions externes : mutisme soudain et incontrôlé, fatigue intense, incapacité à communiquer ou à agir. Contrairement au meltdown (explosion), le shutdown est un effondrement silencieux, interne (vs meltdown, externe).
Stim / Stimming
Comportements répétitifs, rythmiques ou sensoriels que les personnes autistes et TDAH adoptent spontanément pour s’autoréguler : se balancer, battre des mains, faire tourner un objet, fredonner, etc. Les stims sont une réponse naturelle à des émotions fortes, au stress, à la concentration ou à la joie — ils ne sont pas volontaires ni contrôlables. Les « stim toys » sont des objets conçus pour satisfaire ce besoin de stimulation.
Surcharge sensorielle
État de saturation sensorielle dans lequel le cerveau reçoit trop de stimuli (bruits, lumières, odeurs, contacts physiques, sollicitations sociales…) et ne parvient plus à les traiter. La surcharge sensorielle est fréquente chez les personnes neuroatypiques et peut mener à un meltdown ou un shutdown si la personne ne peut pas s’y soustraire.
Synesthésie
Phénomène neurologique dans lequel la stimulation d’un sens provoque une réponse involontaire dans un autre sens. Par exemple, entendre de la musique et voir simultanément des couleurs, ou associer des lettres à des teintes précises. La synesthésie est plus fréquente chez les personnes autistes et/ou neuroatypiques.
Syndrome de l’imposteur
Sentiment persistant de ne pas mériter sa place, ses succès ou ses compétences, et de risquer d’être « démasquéε » à tout moment. Le syndrome de l’imposteur touche particulièrement les personnes issues de groupes marginalisés ou en situation de décalage avec les attentes sociales.
TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale)
Approche thérapeutique fondée sur le lien entre pensées, émotions et comportements. La TCC vise à identifier et modifier les schémas de pensée négatifs ou inadaptés pour améliorer le bien-être. C’est l’une des thérapies les plus documentées scientifiquement.
TDAH
Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des difficultés d’attention, d’impulsivité et/ou d’hyperactivité. Il est fréquemment associé à l’autisme, ce qui donne l’appellation « AuDHD », fusion de « autistic » et « ADHD » (TDAH en anglais).
Théorie des cuillères
Métaphore développée par Christine Miserandino pour expliquer la gestion de l’énergie des personnes malades ou handicapées. Dans cette théorie, les « cuillères » représentent les unités d’énergie disponibles en début de journée. Contrairement aux personnes valides qui disposent d’une énergie quasi illimitée, les personnes concernées ont un quota fixe et doivent choisir avec soin comment elles le dépensent — chaque activité, même banale, leur « coûte » une ou plusieurs cuillères.
Trichotillomanie
Comportement compulsif consistant à s’arracher les cheveux, poils ou cils d’une région donnée. Elle appartient à la famille des comportements répétitifs centrés sur le corps (BFRB), auxquels appartient également le « skin-picking » (arrachage de peau). Ces comportements sont fréquemment associés à l’autisme et au TDAH.
Trigger
Stimulus (sensoriel, émotionnel, social…) qui déclenche une réaction adverse parfois puissante, souvent liée à un trauma passé ou à une surcharge. Un trigger traumatique naît d’une situation de danger ou de souffrance vécue, qui continue d’influencer les réactions présentes. Les triggers sensoriels chez les personnes autistes n’ont pas spécifiquement d’historique ; il s’agit simplement de déclencheurs sensoriels intrinsèques. Les triggers peuvent provoquer des crises d’angoisse, des meltdowns ou des shutdowns chez les personnes autistes.
Trauma / Traumatisme
Événement ou série d’événements ayant causé une blessure psychologique durable, en dépassant la capacité de la personne à y faire face. Un trauma peut être « grand T » (catastrophe, agression, deuil brutal) ou « petit t » (humiliations répétées, invalidation chronique). Ses effets peuvent inclure des flashbacks, de l’hypervigilance, de la dissociation et du stress post-traumatique (« simple » ou « complexe »).
TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme)
Appellation officielle de l’autisme dans le DSM-5 (le manuel diagnostique de référence en psychiatrie). Le terme « spectre » désigne en réalité le rassemblement de différents troubles auparavant distincts sous une seule étiquette – et non pas la variété de profils autistiques.
Validisme / Capacitisme
Forme de discrimination envers les personnes handicapées, fondée sur la supériorité supposée des corps et cerveaux valides. Le validisme peut être explicite (refus d’aménagements, moqueries) ou bienveillant (condescendance, faux espoir de guérison). Il s’intériorise aussi chez les personnes concernées elles-mêmes, se traduisant par une dévalorisation de ses propres besoins. Le terme « capacitisme » est utilisé comme synonyme.
Genre, sexualité & identité
**AFAB (Assigned Female At Birth)**
Acronyme anglais signifiant « assigné·e féminin·e à la naissance ». Désigne une personne à qui on a attribué le genre féminin à sa naissance, sur la base de son anatomie. Son pendant est AMAB (Assigned Male At Birth). Ces termes permettent de parler du genre assigné à la naissance sans préjuger du genre vécu.
**Agenre**
Identité de genre caractérisée par l’absence de genre ou par un genre neutre. Une personne agenre ne se reconnaît ni dans le féminin, ni dans le masculin, ni dans un autre genre.
**Allosexuel·le**
Terme désignant une personne qui éprouve de l’attirance sexuelle, par opposition aux personnes asexuelles. L’allosexualité est la norme implicite dans notre société, ce que l’on appelle l’allonormativité.
**Aromantique / Aromantisme**
Une personne aromantique éprouve peu ou pas d’attirance romantique envers d’autres personnes, quel que soit leur genre. L’aromantisme est un spectre : certaines personnes aromantiques peuvent néanmoins avoir des relations amoureuses, tandis que d’autres n’en ressentent pas le besoin. Être aromantique ne signifie pas être asexuel·le, et inversement.
**Asexualité / Asexuel·le**
Une personne asexuelle éprouve peu ou pas d’attirance sexuelle envers d’autres personnes. L’asexualité est un spectre (on parle de « spectre asexuel ») qui inclut différentes expériences de l’attirance et du désir. Être asexuel·le ne signifie pas être aromantique, et inversement.
**Binarité de genre**
Système qui divise le genre en deux catégories exclusives et opposées : le masculin et le féminin. La binarité de genre est une construction sociale, non une réalité universelle — de nombreuses cultures et époques reconnaissent des identités de genre au-delà de cette division.
**Bisexuel·le / Biromantique**
Une personne bisexuelle éprouve de l’attirance sexuelle envers des personnes de plusieurs genres (pas nécessairement tous). Une personne biromantique éprouve de l’attirance romantique envers des personnes de plusieurs genres, indépendamment de son attirance sexuelle.
**Cisgenre**
Terme désignant une personne dont l’identité de genre correspond au genre qui lui a été assigné à la naissance. S’utilise en opposition à « transgenre ». « Cisgenre » n’est pas une insulte : c’est simplement l’équivalent neutre de « transgenre ».
**Coming-out**
Acte de révéler son identité de genre ou son orientation sexuelle à son entourage, à la société ou à soi-même. Le coming-out n’est pas un événement unique : il se répète à chaque nouvelle rencontre ou situation.
**Deadname**
Prénom d’état civil qu’une personne transgenre ou non-binaire n’utilise plus, car il ne correspond pas à son identité de genre. Utiliser délibérément le deadname de quelqu’un est considéré comme irrespectueux et blessant.
**Dysphorie de genre**
Sentiment de détresse ou de mal-être lié à un décalage entre le genre ressenti et le genre assigné à la naissance ou perçu par autrui. La dysphorie peut être corporelle (inconfort vis-à-vis de certaines parties du corps) ou sociale (souffrance d’être désigné·e dans le mauvais genre). La dysphorie de genre n’est pas l’apanage des personnes transgenres.
**Écriture inclusive**
Ensemble de pratiques linguistiques visant à rendre la langue française plus représentative de toutes les personnes, notamment en dégenrant ou en féminisant les mots. L’écriture inclusive peut prendre plusieurs formes : utilisation du point médian (lecteur·ice), formulations neutres, accord de proximité, ou recours à des néologismes comme le schwa (ə).
**Euphorie de genre**
Sentiment de bien-être, de joie ou de soulagement ressenti lorsqu’on est reconnu·e dans son genre vécu, ou lorsque son expression de genre est en accord avec son identité. L’euphorie de genre est l’inverse de la dysphorie de genre.
**Expression de genre**
Tout ce qui a trait à l’apparence extérieure en lien avec le genre : vêtements, coiffure, maquillage, gestuelle, façon de parler. L’expression de genre ne reflète pas nécessairement l’identité de genre : une femme cisgenre peut avoir une expression masculine, et inversement.
**Hétéronormativité**
Système de normes sociales qui considère l’hétérosexualité comme le modèle naturel et universel, et organise la société en conséquence. L’hétéronormativité rend invisibles ou secondaires les autres orientations sexuelles et identités de genre.
**Identité de genre**
Sentiment intime et profond d’appartenir à un genre, quelle que soit l’anatomie ou le genre assigné à la naissance. L’identité de genre est distincte de l’expression de genre et de l’orientation sexuelle.
**LGBTQIA+**
Acronyme regroupant les personnes Lesbiennes, Gaies, Bisexuelles, Trans, Queer, Intersexes, Asexuelles/Aromantiques, et le « + » inclut toutes les autres identités non hétéronormatives. L’acronyme varie selon les contextes et les communautés.
**Mégenrer**
Désigner une personne dans le mauvais genre, que ce soit par l’utilisation de mauvais pronoms, d’un mauvais prénom ou d’une mauvaise appellation. Le mégenrage peut être involontaire mais reste blessant, en particulier lorsqu’il est répété.
**Non-binaire**
Identité de genre qui ne correspond ni entièrement au féminin, ni entièrement au masculin. Le terme « non-binaire » est un terme parapluie qui englobe de nombreuses identités (agenre, bigenre, genderfluid, etc.). Les personnes non-binaires utilisent parfois des pronoms neutres comme « iel ».
**Panromantique**
Personne qui éprouve de l’attirance romantique envers des personnes de tous les genres, indépendamment de leur genre. Distinct de la pansexualité, qui concerne l’attirance sexuelle.
**Passing**
Fait, pour une personne transgenre ou non-binaire, d’être perçue comme cisgenre ou comme appartenant au genre auquel elle s’identifie, sans que cela soit explicitement annoncé. Le passing est souvent présenté comme un idéal, mais cette injonction est problématique : elle cantonne les personnes trans à des stéréotypes de genre dont les cisgenres elles-mêmes essaient de s’éloigner.
**Point médian (·)**
Signe typographique utilisé en écriture inclusive pour accoler simultanément la forme masculine et la forme féminine d’un mot (ex. : lecteur·ice, auteur·ice). Le point médian est une convention parmi d’autres — d’autres variantes existent (tiret, point simple, schwa ə).
**Queer / Queerness**
Terme parapluie désignant toute identité de genre ou orientation sexuelle en dehors de la norme hétérocisnormative. Initialement une insulte anglophone, le mot a été réapproprié positivement par les communautés concernées. La « queerness » désigne le fait d’être queer, et plus largement l’ensemble des expériences et cultures qui s’y rattachent.
**Transgenre / Transidentité**
Une personne transgenre est une personne dont l’identité de genre ne correspond pas au genre assigné à la naissance. La « transidentité » désigne le fait d’être transgenre, ainsi que l’expérience vécue qui en découle. La transition (sociale, médicale ou légale) est un choix personnel, non une obligation.
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## 📚 Littérature, narration & culture
**Archétype**
Modèle de personnage universel et récurrent dans les mythes, contes et fictions à travers les cultures. Parmi les archétypes classiques : le héros, le mentor, l’ombre, le trickster. Le concept vient de la psychologie analytique de Carl Jung.
**Canon / Headcanon**
Le « canon » désigne ce qui est dit ou montré explicitement dans une œuvre originale — ce qui est officiel. À l’inverse, un « headcanon » est une interprétation ou une projection d’un·e fan sur l’œuvre, basée ou non sur le canon. Par exemple, headcanoner un personnage comme asexuel signifie l’imaginer asexuel, même si l’œuvre ne le précise pas.
**Chapitrage**
Structure d’un roman ou d’un récit, c’est-à-dire l’organisation et la répartition des chapitres. Le chapitrage influe sur le rythme, la gestion des cliffhangers et la façon dont les informations sont distillées au lecteur.
**Cliffhanger**
Procédé narratif consistant à terminer un chapitre ou un épisode sur un moment de tension ou de suspense non résolu, pour inciter le lecteur ou le spectateur à continuer. Littéralement : « accroché à la falaise ».
**Diégèse**
L’univers fictif dans lequel se déroule le récit, avec tout ce qu’il contient (personnages, lieux, événements, règles). Est « intradiégétique » ce qui appartient à cet univers, et « extradiégétique » ce qui en est extérieur (la voix off d’un narrateur, par exemple).
**Dithyrambe**
Éloge enthousiaste et exalté. À l’origine, le dithyrambe était un chant lyrique en l’honneur de Dionysos dans l’Antiquité grecque. Employé de façon légèrement ironique, le terme désigne aujourd’hui un discours excessivement élogieux.
**Épistolaire**
Qui a trait aux lettres, à la correspondance. Un roman épistolaire est un roman dont la narration se fait entièrement ou principalement à travers des lettres, des mails ou tout autre format de correspondance.
**Fanfiction**
Œuvre de fiction écrite par des fans à partir d’univers, de personnages ou de figures existants (livres, films, séries, célébrités…). La fanfiction est une pratique créative à part entière, avec ses propres codes, genres et communautés.
**Focalisation narrative**
Point de vue adopté par le narrateur dans un récit. La focalisation interne se place dans la tête d’un personnage (on ne sait que ce que ce personnage sait et ressent), la focalisation externe observe de l’extérieur sans accès aux pensées, et la focalisation zéro (ou omnisciente) permet au narrateur de tout savoir.
**Headcanon** → voir *Canon / Headcanon*
**Incipit**
Premier paragraphe ou première phrase d’un roman ou d’une œuvre. L’incipit donne le ton, installe l’univers et amorce le contrat de lecture avec le lecteur ou la lectrice.
**Intertextualité**
Relation qu’un texte entretient avec d’autres textes, que ce soit par citation, allusion, parodie ou réécriture. L’intertextualité peut être consciente (un auteur qui cite délibérément une œuvre) ou inconsciente.
**Leitmotiv**
Motif, thème ou phrase récurrent dans une œuvre, qui prend une valeur symbolique à force de répétition. Terme emprunté à la musique (Richard Wagner), où il désignait un thème musical associé à un personnage ou une idée.
**Lore**
Ensemble de l’histoire, des règles, de la mythologie et des détails d’un univers fictif — ce qui constitue sa profondeur et sa cohérence. Le lore d’un roman comprend tout ce que l’auteur·ice sait de son monde, qu’il soit explicité dans le texte ou non.
**Oxymore**
Figure de style qui associe deux termes de sens contraire pour créer un effet de paradoxe ou de tension poétique. Exemple : « une obscure clarté ».
**Paratexte**
Tout ce qui entoure le texte principal sans en faire partie : titre, dédicace, préface, quatrième de couverture, notes de bas de page. Le paratexte conditionne la façon dont on aborde une œuvre.
**Trope**
Anglicisme désignant les ressorts narratifs, lieux communs ou clichés que l’on retrouve dans les œuvres de fiction, tous médias confondus. Un trope n’est pas nécessairement négatif : c’est un motif reconnaissable qui peut être repris, subverti ou détourné. Exemples : l’Éluə, l’amnésie providientielle, le body-swap, les enemies-to-lovers.
**Worldbuilding**
Construction de l’univers fictif d’une œuvre : géographie, histoire, règles sociales, magie, langues, cultures… Le worldbuilding (ou « construction du monde ») est le travail qui rend un univers cohérent et habitable, qu’il soit ou non entièrement visible dans le texte final.
Société & épistémologie
**Appropriation culturelle**
Fait d’emprunter ou d’adopter des éléments d’une culture marginalisée par des personnes appartenant à une culture dominante, sans compréhension ni respect du contexte d’origine, et souvent à des fins commerciales ou esthétiques.
**Déconstruction**
Processus d’analyse critique visant à identifier et remettre en question les normes, préjugés et structures de pouvoir intégrées dans nos représentations, nos comportements ou nos discours. « Se déconstruire » signifie examiner ses propres conditionnements culturels et sociaux.
**Gaslighting**
Forme de manipulation psychologique qui consiste à amener une personne à douter de sa propre perception de la réalité, de ses souvenirs ou de ses émotions. Le terme vient du film *Gaslight* (1944).
**Injustice épistémique**
Concept philosophique de Miranda Fricker désignant les injustices qui touchent à la connaissance et à la parole : exclusion de certaines voix, déformation de leur discours, méfiance injustifiée envers leur témoignage. L’injustice épistémique comprend deux sous-types principaux : l’injustice testimoniale et l’injustice herméneutique.
**Injustice herméneutique**
Type d’injustice épistémique qui survient quand une personne ou un groupe manque des ressources conceptuelles nécessaires pour comprendre et exprimer sa propre expérience, parce que ces concepts n’ont pas encore été créés ou ne sont pas accessibles. Par exemple, une personne autiste qui n’a pas accès au concept d’autisme ne peut pas comprendre ni nommer ce qu’elle vit.
**Injustice testimoniale**
Type d’injustice épistémique qui survient quand la parole de quelqu’un est ignorée, minimisée ou mal reçue en raison de son identité (genre, handicap, race, orientation sexuelle…). Il y a injustice testimoniale lorsqu’on ne croit pas quelqu’un non pas à cause du contenu de son propos, mais à cause de qui il ou elle est.
**Intersectionnalité**
Concept développé par la juriste Kimberlé Crenshaw désignant la façon dont différents systèmes de discrimination (sexisme, racisme, validisme, homophobie…) se croisent et s’amplifient mutuellement pour des personnes appartenant à plusieurs groupes marginalisés.
**Stigmatisation**
Processus social par lequel un groupe ou des individus sont marqués d’un signe de honte, d’infériorité ou de dangerosité en raison d’une caractéristique (handicap, maladie mentale, identité de genre, etc.), entraînant discrimination et exclusion.
**Validisme** → voir la section *Autisme & neuroatypies*
